[Film] The Swordmates, de Cheung Ying et Poon Fan (1969)


À l’aube du XVe siècle, sous le règne de l’empereur Ming Zheng De, l’ambitieux roi An Hua de la province de Ning Xia conspire avec la tribu voisine Ai Xin Jue Luo pour renverser le règne des Ming. Les détails de leur plan ont été cachés dans une statue de jade de la déesse de la miséricorde. Le gouverneur Lin a intercepté la statue en cours de route et a chargé un épéiste adroit nommé Yan-Niang de la livrer au capitole. Pris de panique, les comploteurs utilisent toutes leurs ressources dans une tentative désespérée de récupérer la statue.


Avis de Cherycok :
The Swordmates fait partie de ces films méconnus de la Shaw Brothers, à une époque où le studio en sortait énormément tous les ans. Et ça peut aisément s’expliquer tant rien dans le film ne le fait ressortir de la masse. Non pas qu’il ne soit pas bon, il est même plutôt agréable, mais il reste dans la moyenne de ce que le studio produisait à l’époque, sans jamais essayer d’en faire plus. Réalisé en duo par l’acteur Cheung Ying, apparu dans pas moins de 415 films entre 1937 et 1988, et le scénariste Poon Fan, il s’agit ici de leur dernière mise en scènes, les deux bougres s’étant essayé à la réalisation à quelques reprises dans les années 50 et 60. Mais qu’importe le classicisme de la chose, The Swordmates est l’occasion de retrouver la belle Chin Ping, très populaire à l’époque (The Bells of Death, Killer Darts) dans un rôle qui lui sied à merveille.

L’intrigue du film est au final assez simple et assez classique, avec une histoire de complot visant à renverser l’empereur, et les plans sont cachés dans une statuette de jade que tout un tas de monde va essayer de procurer, cette dernière passant de mains en mains tout le long du film avec différentes factions qui, tout le long du film, vont s’affronter pour essayer de l’avoir. Comme on peut le deviner à la lecture de ces quelques lignes, tout va être ici prétexte à amener des scènes d’action avec des combats et il est vrai qu’on va rapidement laisser ce scénario prétexte au second plan car il n’est pas l’attraction du film, ou alors n’arrive pas l’être. La faute peut-être à une multiplication de personnages qui demeurent malgré tout sympathiques, en particulier les méchants qui vont occuper une grande place dans le film, au point qu’on les voit au final bien plus. Et ce n’est pas si mal parce qu’un personnage comme Iron Claws, interprété par Yang Chi-Ching (The 14 Amazons, Killer Clans) est réellement fun avec sa technique de combat qui consiste à griffer mortellement ses adversaires. Mais l’héroïne interprétée donc par Chin Ping est également une des attractions du film et semble prendre un malin plaisir à dégommer du sbire à foison. A noter que les plus perspicaces pourront remarquer un tout jeune Sammo Hung à deux reprises, dans deux rôles de figuration différents. Le problème c’est que, sorti de Yang Chi-Ching et Chi Ying, les autres personnages sont un peu interchangeables car ne présentant que peu de différences entre eux. Mais au final qu’importe parce qu’on se rend compte rapidement que Cheung Ying et Poon Fan cherchent avant tout à divertir leur public avec une avalanche de combats. Qu’on soit clair, nous ne sommes pas encore dans les années 70 et les scènes d’action ne sont pas phénoménales, personne n’est d’ailleurs crédité en tant que directeur de l’action. Mais c’est suffisamment rythmé et généreux pour divertir.

Les scènes d’action sont donc nombreuses et les combats sont fluides. Certes, les chorégraphies ne sont jamais complexes, mais l’ensemble est toujours lisible, avec bon nombre de figurants se faisant écharper par les personnages principaux, un peu de sang, et beaucoup d’entrain, rendant l’ensemble souvent intéressant à regarder. Les gros puristes de la Shaw Brothers ne devraient y voir ici qu’un film très mineur, mais The Swordmates pourrait être une bonne porte d’entrée pour les néophytes. On y retrouve le classique combat dans la maison de thé, ou encore des embuscades et autres règlements de comptes, mais ce classicisme a malgré tout quelque chose de réconfortant. Il faut dire que la mise en scène de Cheung Ying et Poon Fan est assez dynamique, essayant même parfois des cadrages intéressants pour accompagner les combattants et être au plus près d’eux. Même lorsqu’ils ne filment pas l’action, ils font du bon travail et arrivent à mettre suffisamment en valeur ce qui se doit de l’être, en particulier les personnages cités précédemment. Mais il est clair que le manque d’approfondissement du scénario vient un peu gâcher la fête et ce que The Swordmates gagne en rythme, il le perd un peu en intérêt pour quiconque aime un tant soit peu ce genre d’histoire. Dommage car avec ses 1h16 au compteur, il y avait de quoi rajouter un bon quart d’heure de développement et, à n’en pas douter, cela aurait rendu le film un peu plus remarquable. Mais en l’état, ça reste juste un petit divertissement sympathique mais qui n’attend jamais les sommets de pas mal d’autres films de la Shaw Brothers.

LES PLUS LES MOINS
♥ Bien rythmé
♥ Des combats simples mais agréables
♥ La jolie Chin Ping
♥ Bien mis en scène
⊗ Un scénario relégué au second plan
⊗ Trop de personnages
⊗ N’arrive pas à sortir de la masse
Sympathique sans être exceptionnel, The Swordmates est un film de sabre qui ne sort clairement pas de la masse des wu xia pian que la Shaw Brothers a sorti. On passe malgré tout un bon moment grâce aux nombreux combats et à son casting intéressant.



Titre : The Swordmates / The Sword Mates / 燕娘
Durée : 1h16
Année : 1969
Origine : Hong Kong
Genre : Wu Xia Pian classique
Réalisateur : Cheung Ying, Poon Fan
Scénario : Poon Fan, Chin Ko

Acteurs : Chin Ping, Tsung Hua, Huang Tsung-Hsun, Wang Hsieh, Yang Chi-Ching, Chao Hsiung, Wang Kuang-Yu, Law Hon, Wong Ching-Wan, Chiu Sam-Yin, Cheng Lei

Yan niang (1969) on IMDb


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Auteur : Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.
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